Éditorial d'avril *

Born in U.S.A...

D’après les statistiques de consommation sorties dans le journal Les Affaires, la consommation de bières de microbrasseries aurait presque été égalée par celle des bières américaines… dès leur entrée au pays. Les bières de microbrasseries compteraient pour environ 2.5% du marché alors que les américains ont déjà conquis 2%. Ça fait près de dix ans que nos compatriotes essaient de charmer le consommateur et c’est moins d’un an pour les conquérants.

 

Où est notre fierté nationale ? Nous avons ici une révolution dans le domaine brassicole. Des dizaines de brasseurs de talent se fendent en quatre pour faire des produits de haute qualité et voilà que les américains débarquent avec leurs produits les plus banals et prennent les devants en claquant des doigts. Alors que la qualité de nos produits est acclamée aux quatre coins du monde, les Québécois achètent ces ridicules liquides américains.

 

Si au moins, ces bières avaient un petit quelque chose de plaisant… Mais pas du tout !!! Ce ne sont que de vulgaires eaux de vaisselle ! Elles sont offertes dans des formats qui donnent l’impression d’acheter de l’essence. Leur goût est tenu au minimum et l’alcool est monté au maximum. Ce qui en fait que des " jerrycans " de saoulerie !

 

Mais là où ça blesse vraiment, c’est que ces monstres prennent les tablettes des marchands qui étaient alors réservées aux microbrasseurs de chez nous. Déjà fini le temps où l’on pouvait avoir un bon choix de bières locales au dépanneur du coin. Nos bières doivent faire de la place aux bières américaines. Car de l’aveu même d’un de ces marchands, les américaines sont les plus gros vendeurs…

 

Les tablettes sont à peu près la seule source de visibilité disponible pour nos microbrasseries; il ne faut pas oublier que ce ne sont encore que des PME ! Les bières américaines sont brassées par d’immenses compagnies, dont le but n’est pas de faire de la bonne bière, mais bien de faire du bel argent. Si nous n’encourageons pas nos brasseurs locaux, nous les perdrons. Et ce sera tant pis pour quelques centaines d’emplois intéressants.

 

Si nous avions un minimum de soucis pour nos brasseurs locals, nous ferions des pressions pour que les microbrasseries d’ici aient l’espace et les ventes nécessaires pour les aider à affronter les compétiteurs américains.

 

Mais comme dirait ma grand-mère : C’est beaucoup plus facile de rester assis …

Le Berger

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* Prenez note que les propos tenus par le Berger n'exprime que son opinion et ne réflète pas nécessairement une opinion approuvés par Les Brasseurs d'Idées! :)