Nous avons testé

L'étape la plus ardue quand l'on brasse sa bière à la maison c'est l'embouteillage.  Quand on parle embouteillage, on inclut du nettoyage des bouteilles, du remplissage, du capsulage et de la saturation en CO2.  Habituellement la refermentation en bouteille est le moyen utilisé pour assurer cette dernière opération.

Pour assurer une bonne refermention, il est important d'offrir des conditions adéquates à la bière.  Sinon la levure risque de ne pas terminer le travail, ou pire de ne pas le faire du tout.

Quand j'ai vu ce kit "génial" qui permet de gazéifier les bouteilles sans refermentation, j'ai tout de suite pensé au temps fou que je gagnerais en ayant pas à laver de bouteilles et en pouvant déguster ma bière dans les prochaines heures.

Grâce à la gentillesse de M. Réal Dion de la boutique Les Plaisirs du Vin à Boisbriand, j'ai pu faire un test avec trois bouteilles et un kit de CO2.  N'ayant jamais fait l'expérience lui-même, M. Dion était lui aussi, très intéressé à connaître les limites de ce système.

Les Plaisirs du Vin
98 Grande Côte, Boisbriand
(450) 437-8467

Le système est très simple.  Une bonbonne de gaz CO2 surmonté d'un régulateur et une tige creuse qui s'insère dans le trou d'un bouchon adapté.  Le bouchon en question est muni d'une soupape laissant entrer le gaz, mais le gardant prisonnier dans la bouteille.  Les bouteilles, des contenants de 500ml très similaire à celui des boissons gazeuses, mais brune, où le bouchon est vissé.

 

Ma crainte avec ce système venait de la possibilité d'oxyder la bière.  Puisque aucune levure ne devait consommer l'oxygène présent dans la bouteille, celui-ci avait toute les chances de créer un effet d'oxydation.  À bien y penser, avec une bouteille aussi souple, il n'est pas nécessaire de laisser un espace entre le bouchon et la bière.  Il suffit de comprimer un peu la bouteille jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'espace possible pour l'air !  Ça permet aussi de laisser un maximum d'espace pour l'arrivée du CO2.

J'ai fait la première phase de l'expérience avec de l'eau très froide.  Déception...  Après avoir laissé un bon 3 centimètre d'espace libre pour le CO2 et avoir bien remplit la bouteille par 3 fois  tout en laissant le temps au CO2 pour se solubiliser (sur 16 heures), l'eau est devenue à peine pétillante. 

Pour le test avec la bière, j'ai utilisé de la bonne vieille bière industrielle que j'avais pris soin de dégazer.  J'ai remplit mes trois bouteilles avec trois quantités différentes pour tester l'effet de l'espace libre sur la gazéification.
Après avoir pris soin de bien refroidir les bouteilles à 4 degrés Celsius, j'ai entrepris une première gazéification jusqu'à gonflement total de la bouteille.  Le lendemain matin, une autre bonne bouffée de CO2 pour les bouteilles et même chose dans la soirée suivante.  En les sortant du frigo, avant chacune des deux dernières injections de gaz, j'ai remarqué que les bouteilles s'étaient comprimées.  C'était signe que la bière absorbait le gaz.
Malheureusement, le test ultime devait être un test en bouche.  Le verdict:  Sur 3 bouteilles, une d'elle laissait fuir le gaz.  Sur les deux autres, avec un espace disponible différent pour le gaz, l'effet de gazéification était assez similaire, ce qui était beaucoup trop peu.  Les bières offraient bien un petit effet pétillant.  Mais vraiment loin de l'effet souhaité.  C'est l'échec.  J'imagine que la bouteille est un espace beaucoup trop restreint pour permettre à une quantité respectable de CO2 d'entrer en contact avec la bière.  Peut-être serais-je arrivé à un résultat convenable avec une autre journée à injecter du gaz aux 8 heures.  Mais rendu à ce point, je trouvais que c'était beaucoup de manipulation pour en arriver là.  Surtout qu'il ne faut pas oublier que la bière doit rester au frigo pendant ce temps.  Imaginez-vous gazéifier 20 ou 50 litres de cette façon ???  40 à 100 bouteilles !?!

 

Bref, c'était une expérience.  Une expérience que je partage avec les autres brasseurs pour vous éviter de la répéter.  Si jamais vous tenter tout de même le coup et que vous arrivez à un résultat différent, laissez-moi savoir.  J'aimerais savoir.

Merci encore à M. Dion de la boutique Les Plaisirs du Vin pour m'avoir laisser tenter l'expérience !

Santé !