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Westmalle en vertical !
Bouteille datée 2002 (nouvelle
étiquette) Parfum puissant d’alcool et de houblon floral Au goût, une amertume franchement présente, je dirais tranchante. Un sucre résiduel supérieur à mon attente, un faible goût de malt et plutôt mince en bouche (!?!), surprenant pour une Westmalle Triple. L’amertume reste collée à ma langue pendant de longues minutes… Satisfaction : Déception. J’ai eu l’impression de goûter à une Westmalle Triple qui n’avait pas fini de fermenter. Ce n’était pas mauvais, mais tout de même loin de mes attentes. C’est la moins bonne des 4 bières goûtées. Bouteille datée 2001 Parfum doux d'herbes douces porté par l’alcool. Au goût, c’est plus prêt de ce qu’on peut attendre d’une Westmalle Triple. Elle est nettement moins sucrée que la précédente, elle laisse goûté ses malts et son amertume est un admirable jeux de complexité. Elle a toute la rondeur qu’on peut s’attendre de cette bière. Elle est moelleuse à souhait. Par contre, en finale, elle semble fuir son devoir de saveurs persistantes. Satisfaction : Je suis satisfait, mais sans plus. Je qualifierais cette bière de 66% de l'idéale Westmalle Triple. Tout était là, mais comme s’il manquait 33% de la matière savoureuse. Elle finit donc en troisième place de ce palmarès. Bouteille datée 2000 Parfum d’alcool et sensation d’épices piquantes, plus complexe que ses deux jeunes sœurs, elle offre des arômes tous genres avec une dominante sèche. Au goût, elle est tout ce qu’on peut s’attendre d’une Westmalle. Elle a assurément le 33% de matière savoureuse qui manquait à sa cadette. Son effervescence bien contrôlée semble présenter sur un plateau d’argent tous les attraits de cette bière à nos sens impatients. Son amertume est moins tranchante que la précédente et offre encore plus de complexité et d’amusement. Satisfaction : Ça c’est de la Westmalle !!! Elle est la meilleure des 4 bouteilles goûtées ce jour là. C’est la perfection, la référence en matière de « Triple ». C’est ma bière préférée… C’est tout. Bouteille datée 1999 Parfum : Un arôme de caramel au beurre. Au goût, l’équilibre sucré/amer penche en faveur du sucré. L’amertume est nettement moins dominante que dans les autres bouteilles. Sa complexité (l’amertume) semble démontrer des signes d’essoufflements. Elle offre une texture très « crèmeuse ». La surprise de la fin : une touche d’acidité. Satisfaction : C’est très bon. La deuxième dans mon palmarès de la journée. Mais j’ai eu l’impression de goûter à une Westmalle Triple en fin de carrière. L’effet que ça m’a donné, c’est qu’elle perdait tranquillement ses atouts et que son temps était chose du passé. Pas mauvais du tout, mais on a manqué le rendez-vous avec le meilleur. |
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Conclusion
La Westmalle triple est la bière que je considère être ma préférée
(quoique je me permet souvent quelques infidélités...). La bière
est une boisson vivante qui change constamment avec les conditions d'entreposage
et dans le temps. Dans le cas présent, la bière qui en était presque
exactement à la date de péremption (qui ne veut pas dire grand chose en
passant) était celle que je considère dans le meilleur état. Les 4
bouteilles étaient différentes. En fait, nettement plus différentes
entre elles que je ne croyais possible ! Malgré ces différences,
parfois importantes, j'y ai vraiment trouvé mon plaisir. Même que cette
chance de pouvoir comparer 4 années différentes a eu l'effet d'un exposant 4
sur mon extase.
Dans le cas présent, j'ai eu l'impression que la plus jeune (avec la nouvelle étiquette) devait être issue d'un brassin à problème. Malgré qu'elle n'était pas désagréable, elle n'avait certainement pas les qualités pour s'améliorer en vieillissant. Ne jetons pas la pierre au brasseur, ça fait aussi partie des imprévus de la vie d'une brasserie ! J'ai aussi eu l'impression que la "2001" n'avait pas la personnalité qu'elle aurait du. En fait, avant de goûter la "2000", je croyais que j'avais affaire à une bière qui terminait sa vie agréable. La "2000" était sublime, totalement parfaite ! La "1999" démontrait bien que le vieillissement a ses limites et qu'une fois le sommet atteint, il n'y a que la décrépitude de possible.
Ce n'est pas tous les jours qu'on peut trouver 4 Westmalle Triple d'années différentes. Par contre, je vous encourage fortement à tenter l'expérience avec toutes sortes de bières refermentées en bouteille. C'est plaisant, jouissif et aussi instructif !
Santé !
René Huard
ReneH@broue.com

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Copyright 1996, Les Brasseurs d'Idées!
Page modifiée le 15-01-2001
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