La trilogie du malt
En construction
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Trilogie du malt |
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BROUE.COM,
Premier site mondial de maltage en direct. Non
malheureusement, nous n’avons pas de videocam pour filmer en direct
quelques grains d’orge durant toutes les opérations du maltage.
Cependant nous avons bien mieux que cela, puisque nous allons durant ce
reportage en direct vous livrer les impressions de ces mêmes grains
d’orge agrémentés de quelques photos. Pour ce qui est du son ce sera
peut-être pour l’année prochaine, mais je ne vous promets rien
encore... Le malt
qu’est ce que c’est ?
Mais pourquoi
malter ? A cette question
plusieurs réponses : Cela crée de
l’emploi et par les temps qui courent, on ne peut que s’en réjouir.
Alors réjouissons-nous. Plus précisément
durant le maltage il se produit beaucoup de transformations à l’intérieur
du grain qui vont lui permettre de devenir digeste pour le plus grand
plaisir des levures. En effet le grain tout droit sorti de son épis
contient essentiellement de l’amidon, sorte de molécule énorme qui a
besoin d’être cassée pour pouvoir être transformé par la suite en
alcool. De plus le malt va amener certaines qualités à la bière clarté,
goût, onctuosité.... tout cela rend donc le travail du malteur nécessaire. Une histoire,
une histoire
Coté historique,
l’arrivée du malt se perd dans les ténèbres à l’époque de Ramsès
et de ses disciples. Le terme brasse désignait au temps de Vercingétorix
des céréales que l’on faisait tremper dans de l’eau. Les
techniques ne se sont guère modifiées pendant des siècles et des siècles
et même plus. La méthode employée était appelée maltage sur aire.
Nous reviendrons plus précisément sur les méthodes de fabrication un
peu plus tard mais en gros, on répandait directement sur le sol (en
pierre je vous rassure) une quinzaine de cm de hauteur de l’orge que
l’on avait préalablement fait tremper. Après quelques jours, l’orge
était alors séchée dans une touraille, grand four chauffé au bois.
Le résultat était un peu différent de celui que l’on doit connaître
actuellement où tous les paramètres (température, humidité...) sont
maintenant contrôlés très minutieusement. Depuis quelques
dizaines d’années monsieur Saladin et ses acolytes apportèrent de
grosses améliorations. Jadis le maltage ne pouvait se pratiquer que
pendant les périodes froides de l‘année (un malt de qualité ne doit
pas germer à des températures supérieures à 15 - 16 C). Monsieur
Saladin eu donc l’idée de construire de grandes cases qui portent son
nom d’ailleurs. De l’air frais et humide est envoyé à la base ;
celui-ci traverse toute la couche de malt (jusqu'à 1.5 mètres) qui
reste ainsi frais. Comme tout bon
malteur, il me faut maintenant partir contrôler le travail des
brasseurs. Je vous promets plus d’explications pas plus tard que
demain dans notre prochain chapitre sur cette passionnante aventure . |
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Reprenons
quelques points. Maintenant à la
question " dit madame ou dit monsieur, qu’est ce que c’est
du malt ? " vous êtes capables de répondre. Vous connaissez
aussi maintenant Mr Saladin et pouvez même le reconnaître et même le
saluer dans la rue. Nous voici
maintenant arrivé à partie cruciale de la fabrication de ce fameux
malt. Pour faire du
malt, il faut des céréales.
Le choix des céréales
De même qu’il
ne fait toujours pas beau aujourd’hui, pour avoir un bon malt, il est
nécessaire d’avoir de bonnes céréales. Le premier travail
du malteur va donc être de sélectionner une variété d’orge dont
les résultats vont être probant. Actuellement la coqueluche des
malteurs est l’orge arrington. On rencontre aussi très souvent les
noms de plaisant, alexis ou encore excel. L'orge se divise
en deux catégories : le deux rangs et le six rangs qui se réfèrent à
la disposition des grains sur l'épis. Le deux rangs est moins riche en
protéines mais aussi en enzymes. Pour sélectionner
les céréales, les malteurs vont tenir compte de paramètres tels que
la teneur en protéines, l’activité enzymatique, la couleur, le
pourcentage d’humidité, le taux de germination, la taille des grains
et son uniformité. La plupart de ces
tests vont s’effectuer dès la réception des céréales. Rentrons
maintenant dans la malterie Une grande partie
de la malterie est constituée par des silos de stockage où sont
entreposés l’orge, ou d’autres céréales ainsi que le malt. La première étape
est le tri et le nettoyage des céréales. Pour cela on passe le
grain dans un cribleur qui va éliminer les grains les plus petits ainsi
que les cailloux et autres choses indésirables. Commencent ensuite
les choses plus sérieuses : Le trempage L’orge en
arrivant à la malterie a un taux d’humidité assez bas de l’ordre
de 10 –12 % qui ne permet pas au grain de germer. Il faut donc
augmenter cette teneur en humidité. Quoi de mieux qu'un bon bain de 48
heures ? . L'orge est ainsi immergée dans de l'eau dans laquelle on
injecte de l'air pour oxygéner le milieu. Ce trempage va permettre de
faire passer le pourcentage d'humidité de 10 à environ 45 % et aussi
de continuer de le nettoyer. Prêt pour la
germination L'orge est
maintenant répandue dans les cases de Saladin sur une hauteur de 80cm
à 1.5 m. De l'air frais et humide est injecté sous le faux fond pour
limiter l'échauffement naturel dû à la germination et ainsi maintenir
la température dans les environs de 15 C.
Je crois
maintenant que j'ai dit assez de bêtises et qu'il me faut aller saluer
Monsieur Saladin ainsi que mon ami Roger Moulard. |
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Reprenons tous
en cœur. Monsieur et madame
arrington nous ont permis de suivre l’évolution de leur fils, Roger
Moulard jeune grain d’orge à l’avenir très prometteur. Après un
bain plus ou moins forcé, le voici gonflé d’humidité et de fierté
prêt à affronter les prochaines étapes de sa vie. Délicatement (ce
n’est pas exactement l’adjectif adéquat ) il a été déposé dans
une case de saladin en compagnie de millions de ces congénères. De mieux en
mieux
Durant la phase de
germination, il est très important de surveiller la température et
l’humidité. Température trop basse la germination est trop lente,
température trop élevée la dégradation de l’amidon est
superficielle et le produit obtenu de mauvaise qualité. Un courant d’air
froid injecté en dessous des cases permet de réguler la température,
le taux d’humidité, mais aussi d’aérer le grain qui dégage
beaucoup de CO2 (car il respire) risquant d’asphyxier ses voisins. Cette période
agitée, plutôt humide et fraîche va bientôt, va bientôt … en
fait, vous n’avez qu’à lire la suite pour le savoir !- Climat équatorial
au pays du malt. Le malt vert,
terme désignant le malt ayant fini de germer, prend maintenant la
direction de la touraille, nom donné au four qui va permettre de sécher
le grain. Cette opération va arrêter le processus de germination mais
aussi changer son goût. On considère en
brasserie deux types de malt : le malt pâle et le malt de spécialité.
Le premier type
est produit en très grande proportion puisqu’il correspond à plus de
90% des malts fabriqués. Celui-ci est principalement une future source
d’alcool pour la bière. Durant le touraillage qui va durer entre 12
et 48 heures, la température est alors en moyenne de 50C. Pour ceux qui
auront le privilège de visiter des malteries, l’ambiance est du type
sauna puisque pendant de longues heures, le taux d’humidité y est très
élevé avec des températures dépassant largement celles de nos hivers
et même de nos étés. Le second type de
malt va apporter certaines autres caractéristiques à la bière telle
sa couleur, son onctuosité et bien sur son goût. A la différence du
malt pale, le malt de spécialité est chauffé à des températures
beaucoup plus importantes dépassant même parfois les 200 C . En général
ce type de malt se fait dans des tambours rotatifs afin d’assurer une
bonne uniformité. De couleur assez pâle,
nous allons ainsi aller jusqu‘à des couleurs très foncées on parle
de malt vienne munich, biscuit, cristal (ou caramel), brun, chocolat, rôti….
Autant la
fabrication du malt pâle n’a pas beaucoup de secret, autant celle du
malt de spécialité en est remplie et les renseignements que peuvent
fournir les malteurs sont très succincts. Dégermage et
conclusion Encore tout chaud,
le malt est passé dans une vis sans fin lui permettant d ‘être
débarrassé des radicelles et des quelques germes qui auront trop poussé.
On considère
qu’il faut 1200 Kg d’orge pour produire une tonne de malt. Cependant
depuis les années 60 l’ajout de quelques produits chimiques ainsi que
des hormones de croissance ont permis d’accélérer le processus de
germination tout en diminuant les pertes. Nous voici parvenu
à la fin de cette trilogie mais ne soyez pas triste car cet article va
très certainement se poursuivre, avec des photos exclusives de Roger
Moulard durant ces vacances. |